7.3.2025

POINT DE VUE / Cette lettre ouverte est signée par le vice-président, développement de Brigil – Bâtisseurs citoyens, Jessy Desjardins.
À moitié vides, hérités d’un autre siècle, les centres d’achats soulèvent aujourd’hui une question cruciale pour nos villes : que faire de ces vastes espaces conçus pour une époque révolue ?
Nés dans les années 1950, ces temples de la consommation ont été propulsés par la montée fulgurante de l’automobile après la Seconde Guerre mondiale. On y arrivait en voiture, on y passait la journée, puis on repartait sans jamais mettre les pieds sur une rue principale. Ces lieux ont consommé la vie de nos cœurs de ville dans des boîtes brillantes, fonctionnelles, mais souvent déconnectées du tissu urbain. Des lieux qui ont remplacé les troisièmes lieux. Comme le disent si bien Les Colocs : « Y’est tombé une bombe sur la rue principale le jour où ils ont construit le centre d’achat. »
La montée des centres d’achats a entraîné la perte de troisièmes lieux. Les troisièmes lieux sont les espaces entre la maison et le travail où nous pouvons socialiser, pensons à une bibliothèque, un café, un parc, un banc sur la rue, un square public. Ces lieux nous permettent de tisser des liens et enrichir le tissu social de nos villes.
Aujourd’hui, ce modèle s’estompe, les vitrines se ferment, les stationnements se vident et les communautés réclament autre chose. Ce constat, loin d’être une fin, doit être vu comme une opportunité de réparer les erreurs du passé.
Alors, comment entamer cette transition ? C’est ce que nous avons commencé à faire avec l’Espace Canevas (anciennement Place Cartier).
Pour y arriver, il est primordial d’avoir un accompagnement de la ville. Après six ans de travail d’échanges, nous sommes prêts. Ce genre de projet est complexe, risqué et requiert beaucoup de travail pour qu’il puisse voir le jour. On y retrouve des complexités de baux à long terme et des phases de construction variées.
Nous devons les développer tout en créant un milieu de vie vibrant qui pourra être animé tout au long de la construction du projet.
Ce projet ne vise pas simplement à recycler un ancien centre commercial. Il s’agit de le transformer en véritable quartier de vie : un lieu ouvert, accessible, verdoyant, où les commerces de proximité côtoient les espaces publics, connecté avec la communauté existante où l’on peut habiter, travailler, créer et se rencontrer. Un lieu où la densité est pensée pour les humains, non pour les voitures.
Nous voulons redonner aux rues leur vitalité. Remettre la marche, le vélo, les rencontres et la spontanéité au cœur du quotidien. Nous croyons qu’il est possible et nécessaire de faire évoluer ces anciennes infrastructures vers des modèles durables, résilients et profondément humains.
Nous avons présenté le projet Espace Canevas au Comité consultatif de l’urbanisme de Gatineau (CCU), le 16 juin dernier et à la communauté le 26 juin, avec un documentaire qui démontre notre approche inspirée des meilleures pratiques au monde en collaborant avec des architectes de Copenhague reconnus pour leur pratique innovante et centrée sur l’humain.
Pour y arriver, il est primordial d’avoir un accompagnement de la Ville. Il est impératif que nos élus municipaux adoptent une approche proactive pour concrétiser le projet Espace Canevas et accélérer la transformation de ces anciens centres d’achats en véritables quartiers de vie complète.
À l’instar de nombreuses villes progressistes, Gatineau a l’opportunité de mettre en place des incitatifs qui favorisent ce virage essentiel, au nom de la vie en communauté et de l’environnement. Ensemble, nous pouvons redéfinir l’espace urbain pour qu’il soit durable, vibrant et centré sur l’humain. Agissons maintenant pour bâtir un avenir où les rues reprennent vie et où les interactions sociales enrichissent notre tissu urbain.
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