8.10.2025

Érigée vers 1835, la maison de la Ferme-Columbia s’avère l’un de plus anciens bâtiments de Gatineau et le seul du secteur Hull avec la maison Charron, dans le parc Jacques-Cartier, qui date de la période de Philemon Wright (1760-1839), le fondateur du canton de Hull en 1800.
Peu de temps après la fusion du grand Gatineau en 2002, la Société d’histoire de l’Outaouais identifie l’immeuble ancestral comme l’un des dix coups de cœur du patrimoine gatinois pour le secteur Hull.
De plus, afin de bien démontrer l’importance de l’édifice historique et le préserver pour les générations à venir, l’ancienne Ville de Hull a cité, en 1988, la maison de la Ferme-Columbia comme immeuble patrimonial. Le bâtiment est inscrit au Répertoire du patrimoine culturel du Québec et ajouté, en 2006, au Répertoire du patrimoine canadien.
La ferme Columbia, l’une des plus importantes propriétés de Philemon Wright, est dirigée par son gendre, l’entrepreneur Thomas Brigham, marié en 1816 à Abigail Wright. En 1839, le couple hérite de la demeure et de la ferme.
Brigham est né en 1787 à Chelsea, au Vermont, et il décède à Hull en 1842. On le considère comme le premier pionnier de Chelsea, au Québec, où il s’installe en 1819. Il y construit un moulin à scie et à farine. Chelsea célèbre cette année son 150e anniversaire. Nous y reviendrons.
La ferme Columbia est considérée comme expérimentale, puisque de nouvelles pratiques d’élevage et de culture y sont testées.
Par surcroît, ce grand domaine agricole se révèle, au cours de la première moitié du 19e siècle, l’un des plus prospères du Bas-Canada, le Québec d’aujourd’hui.
La maison de la Ferme-Columbia s’avère un bel édifice en pierre de taille de plan rectangulaire avec un toit à deux versants droits décoré d’un pignon en façade. La construction tient sa valeur à ses nombreux attributs patrimoniaux.

En réalité, elle constitue un très bon exemple de la forme la plus évoluée du style géorgien, également appelé classicisme anglais, introduit à l’époque au Bas-Canada sous l’influence du Haut-Canada (Ontario) et des États-Unis.
L’immeuble témoigne de ce style architectural notamment par sa porte centrale, surmontée d’une imposte en éventail, ainsi que ses grandes fenêtres à battants à 24 petits carreaux.
Précisions qu’à l’origine, la façade se trouve du côté sud et non sur le boulevard Saint-Joseph comme aujourd’hui. De sa hauteur, la propriété bourgeoise domine la ferme Columbia. Par ailleurs, à cette époque, la maison familiale se trouve plus éloignée du boulevard Saint-Joseph, l’une des plus anciennes rues de la ville, qui est élargie avec le temps.

Enfin, l’élévation d’un étage et demi, les deux grandes cheminées en brique, les éléments décoratifs, particulièrement les chaînes d’angle, et l’utilisation de la riche pierre de taille pour le revêtement extérieur constituent d’autres exemples qui contribuent à enjoliver l’immeuble, maintenant situé entre deux centres commerciaux, les Galeries de Hull et la Place Fleur-de-Lys.
Au 19e siècle, la maison de la Ferme-Columbia est entourée de plusieurs autres structures, notamment des granges, une écurie en pierres et des hangars. La propriété reste dans les mains de la famille Wright-Brigham jusqu’au tournant du 20e siècle. Par après, l’Ottawa Golf Club achète une partie du domaine, mais le revend en 1904 à l’International Portland Cement Co., qui devient cinq ans plus la Canada Cement Co. La maison sert alors de résidence des surintendants de la cimenterie.
En 1947, le gouvernement canadien exproprie plusieurs terrains de l’ancienne propriété de Philemon Wright, dont la maison de la Ferme-Columbia. Le bâtiment demeure inoccupé jusqu’en 1964, lorsque la Commission de la capitale nationale (CCN) en fait l’acquisition.

En 1970, un prestigieux restaurant s’installe dans la maison historique. Il s’agit de l’une des meilleures tables de la région. L’établissement ferme ses portes en 1988. La même année, la CCN vend le bâtiment au privé.
Au fil des ans, l’immeuble accueille une institution banquière, une firme informatique et un salon de coiffure. Depuis 2022, la maison est intégrée à une tour de 20 étages et de 235 appartements érigée par la firme Brigil sur le terrain arrière et baptisée Le Columbia, un rappel au nom historique du lieu.
Il importe de préciser que l’aspect extérieur de la maison de la Ferme-Columbia, presque bicentenaire, ne peut pas être modifié de quelque façon que ce soit en raison de la citation comme immeuble patrimonial en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec.
En effet, l’apparence actuelle de l’immeuble ancestral doit être préservée afin de continuer à témoigner du patrimoine bâti de la période du fondateur Philemon Wright et des premières décennies de Hull au début du 19e siècle.
Sources
Maison de la Ferme-Columbia, Répertoire du patrimoine culturel du Québec.
Thomas Brigham, Répertoire du patrimoine culturel du Québec.
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